Appel à communication

NOUVELLE DATE D'ÉCHÉANCE: 1er juillet 2018

Numéro thématique MJE / RSÉM 

Comprendre l’exclusion pour mieux tendre vers l’inclusion ?

Texte de l’appel :

L’éducation est considérée comme l’une des clés du développement inclusif et durable d’une société. Cependant, les systèmes éducatifs sont traversés par des processus d’exclusion d’apprenants en raison de leur situation de handicap ou statut de minoritaire qui mettent en péril cet idéal inclusif. À cet égard, l’UNESCO (2006) affirme que : « L’inclusion implique l’adoption d’une vision large de l’Éducation pour tous (EPT), couvrant toute la gamme des besoins de tous les apprenants, et notamment de ceux qui sont les plus vulnérables à la marginalisation et à l’exclusion » (p. 7). Que ce soit à travers les politiques et encadrements, les structures éducatives et les modèles de services, les pratiques des acteurs du monde de l’éducation entre eux ou envers les apprenants ou encore les relations entre ces derniers, des processus d’exclusion peuvent entraver l’atteinte d’une EPT. Ces processus méritent une attention particulière de la part des chercheurs. 

Nombre de débats ont pu voir s’opposer les concepts d’inclusion et d’exclusion, de liberté et de restriction de choix, de participation et d’isolement en référence aux systèmes ségrégués comme les institutions spécialisées (Söder, 1997). En effet, le phénomène de l’exclusion peut être appréhendé sous l’angle de la non-scolarisation de certains élèves ou encore de la non-participation régulière ou continue à un programme scolaire. Toutefois, l’UNESCO (n.d.) définit l’exclusion sous un angle beaucoup plus large, soit comme un « processus de rupture du lien social, de désaffiliation, au cours duquel l’individu perd peu à peu les liens tissés avec d’autres individus ou des groupes d’individus. L’exclusion se construit par des ruptures successives. Elle est rarement totale » (para. 1). Ainsi, des structures et pratiques éducatives qui ne répondent pas aux réalités et besoins de tous les apprenants peuvent engendrer de l’exclusion, et ce, même s’ils visaient pourtant à la contrer. Dans ce sens, il devient impératif de reconnaître et d’agir sur les processus d’exclusion, c’est-à-dire de « réduire le nombre de ceux qui sont exclus de l’éducation ou au sein même de l’éducation » (UNESCO, 2009, p. 9)

L’exclusion et l’inclusion ne sont donc pas considérées ici comme des phénomènes opposés, mais plutôt comme un ensemble de processus complexes et dynamiques qui s’établissent sur la base d’une catégorisation sociale de la diversité (race, couleur, genre, orientation sexuelle, état civil, âge, religion, convictions politiques, langue, origine ethnique ou nationale, condition sociale, handicap, etc.). C’est pourquoi, par exemple, certains choisissent consciemment de s’exclure eux-mêmes pour construire des espaces alternatifs (Munk et Agergaad, 2015; Robinson Plant, 2000, cité dans Sayed et al., 2007). Toutefois, la recherche en éducation tend à se centrer sur la question de l’inclusion en reléguant au second plan celle d’une exclusion vécue au sein même des systèmes, qu’ils soient engagés ou non vers l’inclusion.

Ce numéro thématique vise à enrichir la compréhension des processus d’exclusion qui peuvent se vivre tout au long du parcours scolaire à partir des politiques et encadrements, des structures éducatives et modèles de services, des pratiques des acteurs du monde de l’éducation entre eux ou envers les apprenants ou encore des relations entre ces derniers. Dans ce sens, ce numéro thématique s’inscrit dans une perspective interdisciplinaire qui conjugue les préoccupations de différents champs éducationnels afin de parvenir, d’une part, à une vision commune des obstacles et à la prise en compte de la diversité des élèves et, d’autre part, à la participation pleine et entière à la vie en société de tous les élèves.

Les articles de ce numéro thématique seront retenus sur la base d’une réflexion théorique, empirique ou méthodologique sur les processus d’inclusion et d’exclusion scolaires :  

  • Quelles sont les approches théoriques qui peuvent enrichir leur compréhension respective et leur articulation ?
  • Qui sont les acteurs impliqués dans ces processus ?  
  • Comment les processus d’inclusion et d’exclusion scolaires se manifestent-ils dans l’ensemble du parcours éducatif (du préscolaire au postsecondaire), incluant les transitions ?
  • Comment les processus d’inclusion et d’exclusion scolaires sont-ils vécus ?
  • L’inclusion de certains fait-elle courir le risque à d’autres d’être exclus ?
  • Quelles sont les stratégies méthodologiques susceptibles de contribuer à l’étude des processus d’inclusion et d’exclusion scolaires ?


Types d’articles acceptés pour ce numéro thématique : soumissions évaluées par des pairs

• Articles conventionnels de revue (jusqu’à 8000 mots). Contributions inédites à la théorie, à la pratique et à la recherche, ces textes sont susceptibles d’intéresser autant les professionnels que les chercheurs du domaine. Ils doivent être très bien rédigés et respecter des standards intellectuels élevés.

• Essais et revues de littérature (entre 4000 et 6000 mots). Survols de domaines de recherche particuliers, de traditions théoriques précises, etc., ces textes constituent une introduction spécialisée à un sujet et sont destinés aux chercheurs et professionnels peu ou pas familiers avec le domaine.

Pour plus d’informations : http://mje.mcgill.ca/about/submissions.


Date limite de soumission : 1er juillet 2018

Toutes les soumissions doivent être envoyées en ligne par le site de la RSÉM (http://mje.mcgill.ca/about/submissions#onlineSubmissions) et doivent indiquer clairement qu’elles sont à l’intention du numéro thématique. Les soumissions ne rencontrant pas les directives pourront être retournées aux auteurs.


Langue du numéro :

Français


Contact :

Corina Borri-Anadon, Ph. D., UQTR

corina.borri-anadon@uqtr.ca

Geneviève Bergeron, Ph. D., UQTR

Genevieve.bergeron@uqtr.ca

Mathieu Point, Ph. D., UQTR

mathieu.point@uqtr.ca

Sylvain Letscher, Ph. D., UQAR

Sylvain_Letscher@uqar.ca

 

Contact technique :

Sylvie Wald, MJE / RSÉM

mje.education@mcgill.ca


Références

Sayed, J., Subrahmanian, R., Soudien, C. et Carrim. N. (2007). Education exclusion and inclusion: Policy and implementation in South Africa and India. Researching the issues, 72. London, Royaume-Unis : Department for International Development. 

Söder, M. (1997). Integrering: utopi, forskning, praktik. Dans J. Tøssebro (dir.), Den vanskelige integreringen (p. 33-57). Oslo, Norvège : Universitetsförlaget. 

UNESCO. (n.d.). Exclusion. Repéré à http://www.unesco.org/new/fr/social-and-human-sciences/themes/international-migration/glossary/exclusion/

UNESCO. (2006). De l’intégration à l’inclusion : un défi pour tous. Paris, France : Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture.

UNESCO. (2009). Les principes directeurs pour l’inclusion dans l’éducation. Paris, France : Organisation des Nations Unies pour l’Éducation, la Science et la Culture.